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Un plat de finale

Cette semaine, j’ai encore fait un post LinkedIn dans lequel je dénonce ce qu’il se passe sur le marché de la publicité en ligne, et comment Google et Facebook sont les grands gagnants de toutes les récentes levées de fonds. C’est terrible mais c’est plus fort que moi de parler de cela. 

Depuis plusieurs années, c’est un sujet qui me challenge personnellement pour avoir géré beaucoup d’argent sur ces plateformes. Cependant, je considère que je dois lâcher prise sur la situation. Pourquoi ?

Parce que je pense que la meilleure voie pour réussir son acquisition n’est certainement pas de penser « publicité ».
Vous allez me dire « chelou le mec, il est paradoxal puisque c’est un sujet qu’il maîtrise bien ». Vous n’avez pas tort mais bon on se refait pas.

Alors en attendant un futur voyage tantrique au Népal, je vais essayer d’expliciter mon point de vue qui laisse souvent sceptiques les entrepreneurs impatients. 

La voie facile de la publicité 

Les publicités sont souvent un raccourci facile. S’y référer immédiatement est souvent la traduction de deux raisonnements :

  1. Le sentiment d’un produit bien positionné et l’impression d’une cible bien définie. La pub doit donc favoriser leur rencontre
  2. Le besoin de se détourner de ce qui est vraiment important

Pour illustrer cela, j’aime bien prendre la métaphore du restaurant :

Si tu ouvrais ton resto dans une rue non-passante, est-ce que tu aimerais avoir des clients :

👉 parce que des rabatteurs les font venir ?
 ou
👉 parce qu’on parle de ta cuisine dans toute la ville ?

Si je calque cela sur le raisonnement 1, je me dirais : « Ma nourriture est bonne, donc si un rabatteur envoie des passants, ils vont aimer, en parler et faire venir ensuite leurs amis ».

Je te mentirais en disant que cela est impossible. Cependant, à partir du moment, où je raisonne ainsi, c’est que je n’ai pas tant confiance en ma nourriture pour qu’elle se suffise à elle-même pour attirer de futurs clients.

Donc pourquoi vouloir un rabatteur en plus ? Pour vendre plus ?

Commence par faire venir 10 personnes tous les soirs sans publicité et après tu verras.

Sinon le risque est de remplir sans cesse un panier percé.

Par conséquent, le raisonnement 1 est souvent plutôt la traduction de : »Ca va, ma nourriture est plutôt pas mal donc les gens devraient aimer ».
Et c’est là qu’on arrive au raisonnement 2, où l’on se détourne de ce qui est vraiment important quand on a un resto dans une rue non passante : 

Faire de la bonne bouffe

Et bien sûr la difficulté est ce que l’on met derrière la définition de « bonne bouffe ». Bonne pour qui ? Pour toi ? Ou pour tes clients ? Selon quels critères ?

Tu seras peut-être satisfait d’avoir assuré le service alors que l’un de tes cuistos était absent. Mais cette contrainte-là, le client n’en a rien à faire devant son plat. Il jugera la qualité selon ses critères à lui.

Donc, aujourd’hui, sans tomber dans le perfectionnisme, je t’invite à te poser la question suivante :

👉 Quel plat as-tu envie de servir à tes clients pour faire chavirer leurs papilles ? 👈

Il y a beaucoup de choses qui nous détournent de ce qui nous rendrait meilleurs. Parfois c’est conscient. Parfois totalement inconscient.
Dans les deux cas, ce n’est pas simple de le surmonter, comme c’est mon cas avec les campagnes Google et FB.

Je continue à pousser ce que je connais, ce dont j’ai l’habitude, ce qui fonctionne tout seul. Je continue à proposer cette bonne vieille entrecôte-frites, qui a toujours bien marché. Pourtant, je sais aussi que je dois renouveller ma carte !

La publicité doit être le mégaphone de l’organique pour amplifier une traction qui fonctionne déjà et non être l’arbre qui cache la forêt, au risque de se détourner toujours plus de ce qui est important.

Je te remercie si tu as lu jusque-là. 

Très bon weekend.
Mathieu Ceccarelli  

PS : Il y a deux ans, j’avais écrit un article sur le groupe Big Mamma. Je t’invite à le lire, si la métaphore food te plaît car ça m’a mis en appétit toutes ces histoires. 

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